Frise chronologique
vers 1460-1470
Construction initiale
Construction initiale
vers 1460-1470 (≈ 1465)
Bâti pour Pierre Dahus, juge et capitoul.
1532
Rénovation Renaissance
Rénovation Renaissance
1532 (≈ 1532)
Guillaume de Tournoer modifie la tour d’escalier.
milieu XVIIe siècle
Achèvement de la tour
Achèvement de la tour
milieu XVIIe siècle (≈ 1750)
Construction de la tourelle latérale.
1910
Destruction partielle
Destruction partielle
1910 (≈ 1910)
Percement de la rue Théodore-Ozenne.
27 juin 1925
Protection patrimoniale
Protection patrimoniale
27 juin 1925 (≈ 1925)
Inscription aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôtel du Capitoul Pierre-Dahus (ancien) , dit Hôtel Roquette ou Tour Tournoer : inscription par arrêté du 27 juin 1925
Personnages clés
| Pierre Dahus - Capitoul et juge |
Commanditaire initial de l’hôtel vers 1470. |
| Guillaume de Tournoer - Président au Parlement |
Rénova la tour en 1532 en style Renaissance. |
| Gabriel de Tournoer - Fils de Guillaume |
Hommage sculpté sur la tour après sa mort. |
| Marc Calvière - Président au Parlement |
Propriétaire au XVIIe siècle. |
Origine et histoire
L’hôtel Dahus, situé au no 9 rue Théodore-Ozenne à Toulouse, est un hôtel particulier construit dans les années 1460-1470 pour Pierre Dahus, juge et capitoul de Toulouse en 1474-1475. Ce monument illustre l’architecture civile gothique toulousaine de la fin du XVe siècle, avec des éléments comme des mâchicoulis aveugles et des créneaux, symboles de domination seigneuriale. L’hôtel, initialement plus vaste, fut modifié au XVIe siècle dans un style Renaissance, notamment par Guillaume de Tournoer, président au Parlement, qui fit reconstruire la tour d’escalier en 1532, bien qu’elle ne fût achevée qu’au XVIIe siècle.
Au début du XVIe siècle, l’hôtel passa aux mains de la famille de Roquette, puis à Guillaume de Tournoer, qui y apporta des modifications majeures, dont l’ajout de grandes fenêtres à meneaux et la reconstruction partielle de la tour, nommée depuis tour Tournoer. Cette tour, ornée de sculptures symboliques comme des lions soutenant une urne funéraire en mémoire du fils de Guillaume, Gabriel de Tournoer, mort en 1532, est un exemple remarquable de l’art Renaissance toulousain. La tour fut finalement complétée au milieu du XVIIe siècle, avec l’ajout d’une tourelle latérale.
L’hôtel connut plusieurs propriétaires influents, dont des parlementaires comme Pierre de Nupces, les familles Tournoer, Toupignon, et Calvière, avant de passer aux Cominihan jusqu’au Premier Empire. Au XXe siècle, le percement de la rue Théodore-Ozenne en 1910 détruisit une partie de l’hôtel, ne laissant subsister qu’une partie du logis principal. Malgré ces transformations, l’hôtel conserve des éléments gothiques et Renaissance, comme des caves voûtées du XVIe siècle et un escalier à vis monumental. Il fut inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1925.
La tour Tournoer, élément le plus marquant de l’hôtel, se distingue par son décor sculpté en quatre niveaux, mêlant motifs antiques (pilastres corinthiens, lions, putti) et symboles funéraires. La devise latine « ESTO MICHI D[OMI]NE TURRIS FORTITUDINIS » (« Sois pour moi, Seigneur, une tour de courage face à mon ennemi »), gravée sur la tour, reflète les aspirations de ses commanditaires, membres de la noblesse de robe toulousaine. L’escalier à vis, le plus vaste de ce type à Toulouse, et les salles supérieures accessibles par une tourelle latérale témoignent du faste architectural de l’époque.
L’hôtel Dahus incarne l’ascension sociale de la bourgeoisie toulousaine aux XVe-XVIIe siècles, notamment à travers des familles comme les Dahus, les Tournoer ou les Calvière, toutes liées au Parlement ou aux institutions judiciaires de la ville. Son architecture, mêlant influences gothiques et Renaissance, illustre la transition stylistique de cette période, tandis que son histoire reflète les dynamiques politiques et sociales de Toulouse, alors capitale provinciale majeure du royaume de France.